Roms et gens du voyage : une origine commune, des destins différents

On entend beaucoup de contrevérités sur les Roms et les gens du voyage. Comme je n’avais pas l’esprit très clair sur le sujet, je me suis documenté et vous livre ici le résultat de mes investigations.

Les Roms arrivent en Europe et s’y installent

Des légendes datant d’un millier d’années font remonter les origines des Roms à une région située au sud du Pakistan actuel. Vers l’an 900 de notre ère, ils ont rejoint la Perse (actuel Iran) pour une raison quelconque. Puis après une période relativement longue, ils se séparent en deux groupes et se dispersent les uns vers le proche orient et l’Egypte, les autres vers l’Europe.

Sur Wikipedia : « L’Inde du nord est aujourd’hui clairement la zone géographique d’origine des Roms, comme en témoignent la linguistique et la génétique comparées. Selon les recherches en génétique de l’UWA, les caractéristiques génétiques de la population rom permettent de démontrer leur origine indienne et d’estimer que leurs origines remontent de 32 à 40 générations environ ».

A partir du XVème siècle, on peut suivre la trace de leur avancée en Europe d’après des témoignages écrits et des textes officiels. Elle peut être représentée selon le schéma ci-dessous :

En quatre siècles, les Roms se répandent dans toute l’Europe, de l’Espagne à la Finlande, de l’Angleterre à la Russie et à la Grèce. Suivant les groupes, on les appelle soit des Egyptiens (déformés en Egitanos, Gitanos, Gitans, Egypsies, Gypsies) ; soit des Tsiganes, Zigeuners, Zingari, soit enfin des Roms ou Romanichels.

Les destins divergent

A leur arrivée en Europe, ils sont d’abord bien acceptés mais ils ne s’intègrent pas à l’économie locale, leur attitude marginale inquiète et on finit par les accuser de tous les maux, notamment des vols et rapines en tous genres (les fameux « voleurs de poules »).

A partir du XVème siècle, les portes des villes se ferment. Jusqu’au XIXème siècle, toutes les villes, tous les pays font la chasse aux nomades en tous genre, par uniquement les groupes d’origine Rom. Ils sont même totalement expulsés des Pays-Bas au milieu du XIXème siècle. Dans les autres pays, ils sont enfermés, mutilés, castrés, envoyés aux galères ou exécutés !

Sauf en Roumanie ! Des le XIVème siècle, les Roms se voient attribuer un statut spécial, la robie, semblable à un esclavage amélioré. Le mot rob dérive du slave robota, le travail. Le rob appartenait à son maître, un prince, un aristocrate ou un monastère. Les Roms portaient leur or sur eux, bien visible, afin de montrer leur dignité et leur capacité à se racheter pour se revendre à un autre maître. Son statut de rob lui garantissait la protection de son puissant maître vis-à-vis des populations autochtones.

D’ailleurs, quand sur l’influences des philosophes de lumières français, le statut de robie sera progressivement aboli au XIXème siècle, les Roms seront soumis à des discriminations de la part des paysans. De nombreux Roms qui étaient sédentarisés depuis trois siècles reprennent la route !

Le régime nazi a été particulièrement cruel pour les populations roms dans toute l’Europe occupée, avec des mesures d’extermination.

En Roumanie, les Roms sont sédentarisés et relativement bien intégrés

Après la guerre, les Roms de Roumanie sont des populations sédentaires et agricoles. Les relations avec les autres populations ne sont pas toujours bonnes car les familles Roms sont souvent déplacées comme des pions, d’abord par le pouvoir communiste puis par les nouveaux grands propriétaires terriens après 1990, pour occuper des terrains au détriments des autres paysans.

Depuis 2002, les Roms sont représentés à la Chambre des députés. Des progrès ont été fait dans l’intégration des populations roms, traditionnellement tenues à l’écart. Par exemple, il est question que l’histoire des Roms soit enseignées dans toutes les écoles, à l’intention de tous les jeunes Roumains. Le résultat est qu’on a de plus en plus de mal à compter le nombre de Roms en Roumanie, entre 700.000 et 3 millions selon les sources. En fait les deux tiers d’entre eux ne se déclarent plus comme Roms !

Des groupes de malfaiteurs qui sèment le discrédit sur les Roms honnêtes !

Toutefois, une petite portion de la population rom, devenue nomade, est passée sous la coupe de mafias locales. Elle vit en Roumanie de larcins et de différents trafics. Depuis 2002 et l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne, le terrain d’action de ces groupes (hommes, femmes et enfants) s’est considérablement agrandi. Ce sont essentiellement ces groupes de malfaiteurs qui font la une de nos journaux et qui portent le discrédit sur la grande majorité des Roms qui cherchent uniquement à travailler et à vivre décemment.

D. VOLPE

 

Références :

Publicités
Cet article, publié dans Société, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s